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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 07:12

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Qu’il est loin le monde des sorciers … L’auteur de la saga des Harry Potter, qui lui a permis de devenir mondialement célèbre, nous prouve avec son nouveau roman qu’elle excelle dans tous les genres. C’est à un public adulte qu’elle s’adresse cette fois avec une satire sociale des plus vives. L’écriture très spontanée et crue, qui peut surprendre au premier abord, apporte un réalisme saisissant à un récit évoluant dans un style très sombre. Soignée et décortiquée avec la minutie d’un chirurgien, la personnalité torturée des personnages, en particulier cette jeunesse révoltée par un monde d’adultes en proie à l’hypocrisie, apporte force et relief à la narration. Une mère junkie, un mari victime de TOC morbides, un couple de pakistanais profondément humanistes, un maire imbu de sa personne, un père violent, une adolescente survoltée, quelques portraits peints par l’auteur qui s’efforce de leur donner vie en leur apportant de la consistance. Pari réussi.

 

La drogue, l’alcool, la violence, la misère sociale, la mort, aucun sujet n’est épargné et les choses sont énoncées sans détour dans des termes bruts. L’auteur décrit avec une justesse déconcertante les mœurs et faux semblants de ces habitants d’une petite bourgade, faisant face à la disparition tragique d’un membre éminent du conseil paroissial, Barry Fairbrother. Une disparition qui va révéler des instincts dominateurs en quête de pouvoir ne reculant devant rien pour occuper cette place devenue brusquement vacante.

 

« Aucun d’entre eux n’était Barry. Il était l’incarnation vivante de ce qu’ils proposaient en théorie : l’arrachement à la pauvreté et l’accès à la richesse par le biais de l’éducation ; le rejet d’une vie placée sous le signe de l’impuissance et de la dépendance au profit d’une existence tout entière vouée au bien-être de la société. N’avaient-ils donc pas conscience de la médiocrité de leurs arguments, comparés à ceux dont le défunt était devenu le symbole ? ». Barry Fairbrother incarnait ce lien entre deux mondes que tout oppose, méprisé par l’un, dénigré par l’autre, faisant fi de la lutte des classes. Une personnalité qui détonne avec celle de tous les autres personnages, chacun livrant peu à peu ses plus noirs secrets et démontrant qu’il ne vaut pas mieux que son voisin. Qu’on se le dise, l’espoir n’est pas un sentiment prôné dans ce récit, bien au contraire.

 

On se délecte de phrases assassines teintées d’une ironie sans vergogne, sorties de la bouche de personnages caractérisés par une hypocrisie viscérale, tellement évidente qu’elle en devient risible. Ces rivalités exacerbées contrastent avec l’apparence paisible qu’offre cette bourgade, dominée par le mensonge et le paraître sur fond d’inégalités sociales.

 

Une fois encore, JK Rowling nous démontre tout son talent de narratrice en signant un livre abouti. Que l’on aime ou que l’on déteste, ce roman ne laissera pas indifférent. C’est à cela que l’on reconnaît la plume des grands écrivains.   

 

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Published by lavieselonmary - dans Coin lecture
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