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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 10:04

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Résumé : Miss Stein et moi étions encore bons amis lorsqu'elle fit sa remarque sur la génération perdue. Elle avait eu des ennuis avec l'allumage de la vieille Ford T qu'elle conduisait, et le jeune homme qui travaillait au garage et s'occupait de sa voiture - un conscrit de 1918 - n'avait pas pu faire le nécessaire, ou n'avait pas voulu réparer en priorité la Ford de Miss Stein. De toute façon, il n'avait pas été sérieux et le patron l'avait sévèrement réprimandé après que Miss Stein eut manifesté son mécontentement. Le patron avait dit à son employé : 'Vous êtes tous une génération perdue. 'C'est ce que vous êtes. C'est ce que vous êtes tous, dit Miss Stein. Vous autres, jeunes gens qui avez fait la guerre, vous êtes tous une génération perdue.'

           

            N’ayant jamais parcouru les écrits de ce grand auteur, je me suis dit qu’il était grand temps d’y remédier ! Il y a des écrivains dont, je pense, il faut avoir lu leurs œuvres au moins une fois ; Ernest Hemingway en fait partie.

 

            Si l’on avait à définir le genre d’ouvrage qu’est Paris est une fête, je le qualifierais d’un mélange de roman et d’autobiographie. L’auteur ayant vécu dans l’entre deux guerres dans la capitale française, il nous expose ses souvenirs de cette vie heureuse bien des années après. La nostalgie peut-être de cette belle époque l’a-t-il incité à coucher ses souvenirs enivrant sur du papier … ?

 

            On y retrouve tout le talent de journaliste et de conteur d’Ernest Hemingway, qui nous fait partager ses plus beaux lieux de villégiatures, de rencontres, de flâneries, d’inspiration. Il nous emmène ainsi tour à tour dans les cafés des boulevards Saint Michel et Saint Germain des Prés, le long de la Seine où il se plaît à refaire le monde avec les bouquinistes, au très célèbre café Lipp ou Les deux magots, lorsque les recettes de la vente de ses contes lui permettent d’y déguster un délicieux repas accompagné d’un café crème, ou encore sur les champs de courses où il se plaisait à parier. La Closerie des Lilas, « un café où se réunissait plus ou moins régulièrement des poètes », sera pour lui source d’inspiration, et il y passera de longues après-midi, à observer le monde qui l’entoure.

 

            Hemingway décrit également ses nombreuses amitiés avec des poètes, des intellectuels français et étrangers. C’est au cours d’une ballade au Jardin du Luxembourg qu’il fera la connaissance de Gertrude Stein, personnage atypique avec son franc-parler, qui n’hésitera pas, dans un accès de colère, à qualifier la société de génération perdue. Elle prodiguera de nombreux conseils avisés à notre auteur quant à la qualité de son écriture.

 

            On y croise successivement son ami l’écrivain américain Ezra Pound, Francis Scott Fitzgerald et sa femme Zelda dont il suivra peu à peu la déchéance du couple, mais aussi le romancier, poète et critique anglais Ford Madox Ford.  

 

            C’est avec bonheur que l’on suit ses errances dans les petites ruelles pittoresques de la capitale, charmantes et pleines de vie ; sa découverte de la librairie de Sylvia Beach, Shakespeare et Cie, rue de l’Odeon, où il dévorera avec frénésie nombres de ses ouvrages, découvrant avec émotion des auteurs classiques russes et Georges Simenon, à peine connu à l’époque. Il se prêtera même à dénigrer l’œuvre de Dostoievsky, Crime et châtiment (pour l’avoir lu, je l’ai trouvé quelque peu sévère avec son collègue russe … !).

 

            Paris est une fête est un livre très plaisant, qui nous permet de découvrir la vie heureuse de cet auteur au cœur de Paris, pour laquelle il vouera un véritable culte et qui sera pour lui source d’inspiration et d’enchantement. Il est intéressant de suivre les succès et difficultés rencontrés par le jeune Hemingway, en pleine ascension littéraire. Malgré sa pauvreté relative, il avait un sentiment de supériorité sur certains riches, car il disait « nous mangions bien et pour pas cher, nous buvions bien et pour pas cher, et nous dormions bien, et au chaud, ensemble, et nous nous aimions ». Ce livre met également en avant son amour inconsidéré pour sa femme Hadley et son jeune garçon, et nous fait partager ses moments de joies simples en leur compagnie, leurs escapades en Espagne l’été et leurs descentes en ski sur les pistes autrichienne l’hiver.  

           Voilà un ouvrage qui vient garnir le rayonnage de mes romans préférés ; et je m’y prends à relire des passages pris au hasard, pour me replonger dans la nostalgie de ses tendres années qu’il décrit avec beaucoup de style et de poésie.

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Published by lavieselonmary - dans Coin lecture
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