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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 07:16

La visite du Salon du Livre à Paris (qui se tient chaque année en mars) est toujours un moment pour lequel je me réjouis d’avance. J’aime y passer des heures, à errer dans les allées, à jouer des coudes avec des inconnus tout aussi férus que moi d’histoires rocambolesques qui nous tiendront éveillés toute une nuit.

C’est également l’occasion de rencontrer ses auteurs préférés (le maître mot étant la patience …), mais aussi d’en découvrir de nouveaux ; des écrivains passionnés qui n’ont pas encore attiré l’œil des médias, mais dont on est fier, nous autres amoureux de littérature, d’avoir décelé avant tout le monde leur plume talentueuse !

 

C’est le cas d’Ernestine Chasseboeuf (s’agissant d’un pseudonyme, le mystère reste entier quant à la réelle identité de l’écrivain) et de sa série de récits épistolaires mettant en scène la vie de ladite Ernestine. Que dire de cette vieille dame, si ce n’est qu’elle incarne la grand-mère dont on rêverait tous (elle s’appellerait Poupette (mais siiiii, la grand-mère choc du film La Boum ; un peu de culture que diable ! ) que l’on n'y verrait que du feu !).

Ernestine a bien compris que le SAV des entreprises existait, et elle compte bien le mettre à profit ! Cette vieille dame indignée, comme l’appelait affectueusement Télérama, passe ses journées à écrire des lettres sur des sujets qui la tracassent : l’emplacement de la pharmacie de garde à Beaulieu-sur-Layon (bien trop loin pour une vieille dame comme elle), sa demande à Mr Lu et Belin de lui envoyer les ingrédients listés sur le paquet nécessaires à la confection des biscuits Lu Feuilleté Doré, sa requête à Franck Riboud (Mr Danone) d’écrire sa marque sur les yaourts en plus gros caractères pour savoir lesquels boycotter, ou encore son inquiétude communiquée à Confipote liée à sa consommation d’un pot de confiture périmé de 15 minutes …

Comment ne pas succomber au charme de cette vieille dame dont la plume se veut mordante (comme quoi on peut être centenaire et avoir du caractère !) et pour le moins drôlissime. On pardonnera volontiers sa candeur qui se traduit par un humour railleur. Les lettres se suivent, on ne s’en lasse pas, on en redemande ... On est pris d’affection pour Ernestine qui devient au fil du récit notre Poupette à nous, familiers de ses petites manies qui rythment son quotidien solitaire.

 

Un récit à mettre entre toutes les mains, pour une véritable cure de bonne humeur !

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Pour le plaisir de la lecture de ses mots, je ne résiste pas à l’envie de vous citer un extrait de ses lettres :)

 

Madame Ernestine Chasseboeuf                                                                                                            Le 5 avril 1999

49320 Coutures

à Confipotes, Materne et Cie

 

Cher Directeur,

J’écris toujours aux directeurs, mais je sais bien que mon courrier va pas plus loin que la poubelle de la secrétaire puisque personne me répond jamais, sauf Jules mais maintenant c’est un ami. C’est la seizième lettre que je fais pour réclamer et jamais de réponse. C’est toujours quand je suis fâchée que j’écris.

Aujourd’hui, c’est grave et urgent : on m’a apporté de la confiture il y a déjà quelque temps mais j’y avais pas goûté parce qu’il m’en restait de la mienne et que je la préfère. C’est pas que la vôtre soit mauvaise, mais si on a pas la loupe quand on l’achète, bernique pour savoir ce qu’il y a dedans.

Donc ce matin, je me suis préparé mon petit-déjeuner avec de la confipote à la pêche. Je m’étais levée tard parce qu’hier soir j’ai voulu voir la fin d’un film à la télé chez la voisine. Je me suis levée qu’à 10 heures et demie et je me suis installée pour mon petit-déjeuner. J’ai dû poser ma tartine de confiture quand la voisine a cogné au carreau pour savoir la fin du film vu qu’elle s’était endormie avant, ça m’a pris un peu de temps pour lui raconter et c’est juste quand j’ai fini ma tartine que j’ai vu l’heure sur le pot de confiture : à consommer avant le 5 avril 1999 11:45, il était midi et c’était foutu. Sans la voisine ça passait juste, mais là c’est sûr, j’ai dépassé. Je voudrais savoir si je peux pas tomber malade, ça me tracasse à cause de la mystériose, il paraît que ça s’attrape avec des produits pas frais. Donc, rassurez-moi ou dites-moi si je dois aller me faire analyser.

Faites pour le mieux et répondez-moi vite. Si par malheur je meurs avant votre réponse, j’ai envoyé un mot au notaire pour qu’il sache de quoi je serai morte.

Ernestine Chasseboeuf.

 

 

 

 

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Published by lavieselonmary - dans Coin lecture
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